¡Hola a todas y a todos!

Que le temps passe vite ! Nous voici déjà arrivés à l’avant-dernier pays de notre tour du monde. Ce mois-ci, nous partons pour le Chili. La cordillère des Andes figée au loin comme point de repère, le voyage (au cœur de la littérature jeunesse chilienne) peut commencer !

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Boom ! C’est un peu par cette onomatopée que nous pouvons résumer la situation actuelle de la littérature jeunesse chilienne. Mais pas n’importe quel boom, un boom de l’illustré (aussi bien à destination des enfants que des adultes d’ailleurs). Parler d’albums il y a une vingtaine d’année au Chili revenait à évoquer un objet volant non identifié provenant de planètes éloignés (ou plutôt de pays éloignés avec l’influence tout de même de la production espagnole). Avant les années 2000, la littérature jeunesse chilienne avait ses références nationales, que l’on trouve toujours dans toutes les maisons chiliennes : la BD Condorito, les poèmes de Gabriella Mistral ou encore la série de romans de Papelucho… Mais, comme beaucoup d’incontournables, ceux-ci étaient de l’ordre de l’intemporel, leur création datant pour certains d’entre eux des années 40.

Changement de perspectives donc avec le nouveau millénaire et la création de plusieurs maisons d’édition spécialisées dans le livre illustré jeunesse et tout particulièrement « l’album » (j’insiste vraiment sur cette dénomination). Parmi elles, citons Amanuta, Pehuén ou Ekaré Sur (branche chilienne de l’éditeur vénézuélien Ekaré qui existe depuis les années 70). En réalité, avant d’évoquer les éditeurs, il est plus juste de mettre en lumière le travail et l’impulsion donnés par les artistes pour faire reconnaître l’illustrations comme moyen d’expression pouvant s’inscrire dans le patrimoine littéraire du pays. Car, si le Chili est davantage connu pour sa poésie et ses poètes (Pablo Neruda, Gabriella Mistral ou Nicanor Parra pour citer les plus célèbres), la littérature jeunesse chilienne sort aujourd’hui peu à peu son épingle du jeu et s’illustre sur la scène mondiale (dans tous les sens du terme).

L’importance du graphisme n’est pas d’aujourd’hui avec notamment la culture du graffiti à travers le pays dans des villes comme Santiago ou à Valparaiso pour faire passer des messages politiques ou idéologiques. Dans les années 70, la Brigada Ramona Parra se forme autour de jeunes communistes qui refont le monde comme ils repeignent les murs. Mis en sourdine par l’oppression du régime de Pinochet, ils continuent leur art sur des prospectus clandestins. Comme ce fut le cas pour notre escale portugaise, il faut là encore attendre la fin de la dictature pour voir les arts graphiques s’épanouir de nouveau et renaître. En littérature jeunesse, la décennie des années 2000 marque un véritable tournant avec la création du collectif Siete rayas qui regroupe huit illustrateurs chiliens particulièrement prolifiques (aussi bien dans leur pays qu’à l’étranger) : Carmen Cardemil, Alberto Montt, Raquel Echenique, Alex Pelayo, Francisco Javier Olea, Bernardita Ojeda, Loreto Corvalan et Paloma Valdivia.

 

Au regard de la production actuelle d’albums chiliens, on se rend compte qu’il y a une véritable volonté de développer une illustration chilienne contemporaine qui s’inscrive dans l’identité nationale. Les catalogues des éditeurs chiliens comme Amanuta et Pehuén proposent ainsi tout autant des fictions que des livres illustrés mettant en avant des références culturelles chiliennes ou plus généralement américaines ; se réapproprier d’abord l’histoire du pays, des civilisations précolombiennes aux vagues de migrations successives venues souvent d’Europe depuis la Conquista espagnole ; retranscrire les contes et les légendes traditionnels des peuples indigènes ; narrer les vies extraordinaires des grands poètes et des grands auteurs sud-américains comme Borges. Mais également s’ouvrir au monde et proposer une réflexion sur des problématiques actuelles avec notamment de nombreux livres abordant la question du féminisme dès le plus jeune âge (il n’y a pas d’âge pour éduquer à l’égalité des sexes).

 

Une littérature jeunesse qui se développe doucement mais sûrement. Tout du moins au niveau de la création. Pour ce qui est de l’accès aux livres, le tableau est malheureusement un peu moins resplendissant. Le prix du livre est souvent plus élevé qu’en France et il y a peu de bibliothèques municipales. Les écoles jouent un rôle important de médiation vers le livre avec des bibliothèques dans les classes et l’organisation de foires au cours desquelles les livres sont bradés (pas de prix unique du livre ici). Mais, dans un pays aussi libéral que le Chili, où l’éducation coûte cher, il y a de grandes disparités entre les écoles. Forcément, selon leur milieu social, les enfants n’ont pas la chance d’être exposés de la même façon aux livres. Aujourd’hui, des projets de loi sont actuellement à l’étude, notamment un visant à supprimer la TVA sur les livres, pour favoriser l’accès à la lecture pour tous. foire

À suivre donc,

 

Liens utiles (en espagnol) :

 

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Le fabuleux voyage de Noémie

Le tour du monde du livre pour enfants. 8 mois pour partir à la découverte du métier d’éditeur à travers l’album jeunesse. Un appel à voyager à travers le livre, à partir à la rencontre d’autres cultures (littéraires) et à partager le quotidien des acteurs du monde des albums pour enfants. L’aventure se poursuit sur la page facebook de 7 lieues et un livre et Instagram.