Hello à toutes et à tous !

Ce mois-ci, nous partons pour l’autre bout du monde, aux antipodes de la France, au pays des verts pâturages et des blancs montons (non ce n’est pas un cliché) : la Nouvelle-Zélande.

 

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Territoire isolé à l’envers de la Terre, la Nouvelle-Zélande s’est construite au gré des vagues de migrations successives qui ont jalonnées son histoire. Il y a d’abord eu les Maoris au XIIIe siècle, puis les Européens 300 ans plus tard (Pakeha en maori) et, ces dernières années, des migrants en provenance d’Asie avec de nombreuses communautés chinoises, japonaises, indiennes… Ce métissage a façonné la culture kiwi et, ici, tout est fusion, de la cuisine… à la littérature jeunesse.
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Une nouvelle fois, après l’Inde le mois dernier, nous nous retrouvons dans un pays anglo-saxon. Attachée au Commonwealth, la Nouvelle-Zélande célèbre autant le tout-récent mariage du Prince Harry que le merveilleux des classiques de la littérature jeunesse britannique (Alice au pays des merveilles, Peter Pan ou le Gruffalo). Que ce soit dans les librairies ou les bibliothèques, la grande majorité des albums jeunesse présents sur le marché kiwi proviennent ainsi des grosses maisons d’édition jeunesse britanniques ou américaines.

Est-ce à dire que la littérature jeunesse néo-zélandaise n’existe pas ? Non, bien entendu. Il existe une littérature jeunesse néo-zélandaise qui est d’ailleurs souvent séparée des autres titres anglo-saxons lorsqu’elle est présentée dans les rayons. Et pourtant, pour être honnête, elle n’a pas vraiment besoin d’une étagère spécifique pour être distinguée des titres britanniques ou américains. L’édition jeunesse néo-zélandaise ressort d’elle-même souvent par une qualité moindre dans la fabrication de ses ouvrages et l’apparence un peu datée de ses illustrations. Si je ne suis pas tendre avec les ouvrages kiwis, c’est parce que la différence est instantanément visible (et palpable). Peut-être est-ce à cause de la petitesse du pays qui permet de faire parler de soi sans grands efforts de communication, mais la majorité des éditeurs néo-zélandais indépendants sont souvent seuls à travailler sur leurs ouvrages avec un amateurisme proche de l’auto-édition. Les couvertures sont alors souples, les illustrations un peu grossières ou datées et les thèmes des histoires reprennent les référents culturels locaux avec une grande place donnée à la nature et à la flore et la faune (les couvertures exhibent fièrement des kiwis, l’oiseau-symbole de la Nouvelle-Zélande). Qu’il s’agisse de livres en maori, un marché qui se développe petit à petit, ou de livres en anglais, les ouvrages néo-zélandais font un peu pâles figures à côté de ceux importés.

 

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Quelques auteurs/autrices et quelques illustrateurs/illustratrices arrivent à tirer leurs épingles du jeu et sont de véritables classiques de la littérature jeunesse kiwi comme l’autrice Joy Cowley ou l’auteur-illustrateur Gavin Bishop. Mêlant humour et facétie dans leurs histoires respectives depuis plus de trente ans, tous deux sont devenus au fil de leurs ouvrages des figures trans-générationnelles en Nouvelle-Zélande, arrivant même à s’exporter à l’étranger. Les livres intemporels, les illustrations traditionnelles plaisent aux Néo-Zélandais. Si les enfants sont souvent éduqués selon une pédagogie très positiviste, où le « non » ferme est proscrit et les réprimandes interdites, les livres pour enfants kiwis ne cherchent pas à brusquer ou à choquer le lecteur.

 

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Malgré tout, il est à noter que l’ouverture sur le monde de la littérature jeunesse kiwi va au-delà du monde anglo-saxon. Lorsque vous allez à la bibliothèque centrale de Wellington, par exemple, de nombreux ouvrages pour enfants sont proposés dans leur version originale (que ce soit pour les langues régionales comme le samoan ou pour des langues plus exotiques comme le russe) et des heures du conte sont organisées en mandarin. À souligner également la ligne éditoriale de l’éditeur Gecko Press qui, depuis 2005, axe son catalogue sur la traduction en anglais de classiques de la littérature jeunesse étrangère (scandinave, française, japonaise, germanique ou hollandaise par exemple). Sur les étagères, les ouvrages Gecko Press ressortent également du lot (en bien cette fois-ci) en proposant des univers graphiques et narratifs très différents. C’est alors comme si deux mondes coexistaient : la Nouvelle-Zélande cosmopolite, en communication permanente avec le reste du monde, et la Nouvelle-Zélande traditionnelle.

 

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Changement de continent et de langue pour le prochain pays avec un passage par l’Amérique latine et le Chili.

 

À très vite,

 

Liens utiles (en anglais) :

– NZ Book Awards : http://www.nzbookawards.nz/new-zealand-book-awards-for-children-and-young-adults

– Site de Gecko Press : https://geckopress.com/

– Site de Gavin Bishop : http://gavinbishop.com/

– Vidéo de Joy Cowley racontant une de ses histoires : https://youtu.be/GmahYDXKJrM

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Le fabuleux voyage de Noémie

Le tour du monde du livre pour enfants. 8 mois pour partir à la découverte du métier d’éditeur à travers l’album jeunesse. Un appel à voyager à travers le livre, à partir à la rencontre d’autres cultures (littéraires) et à partager le quotidien des acteurs du monde des albums pour enfants. L’aventure se poursuit sur la page facebook de 7 lieues et un livre et Instagram.