Coucou à toutes et à tous !

Tout voyage a son point de départ… alors que je boucle ma valise pour 8 mois à travers le monde afin d’établir un panorama de la littérature jeunesse (rien que ça !), le moment est venu d’amorcer notre périple avec un premier pays… j’ai choisi… la France ! Je vais vous parler du pays que je m’apprête à quitter car c’est celui qui a aussi initié mon goût pour les livres et la lecture.

J’ai la chance d’être née et d’avoir grandi dans un pays qui offre une très grande diversité et richesse dans le domaine du livre pour enfants, d’avoir eu le privilège du rituel maternel de la lecture au coin de ma veilleuse, tous les soirs pendant des années. Chaque époque a ses héros ; pour moi, il y a 20 ans, mon enfance a surtout été marquée par Babar puis de Caroline – dont je jalousais la salopette rouge – qui se faisaient parfois voler la vedette par les histoires du Père Castor et les albums de l’École des loisirs. Aujourd’hui, ces noms résonnent encore et sont inscrits dans le patrimoine littéraire français.

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N’y voyez pas un excès de chauvinisme de ma part. Unanimement, la littérature jeunesse française n’a cessé de s’enrichir au point de devenir un pays de référence à l’échelle mondiale, celui dont on admire l’avant-gardisme à chaque foire internationale du livre jeunesse, Bologne en tête. Si les pays anglo-saxons sont encore plébiscités pour leurs belles histoires, pleines d’humour et de poésie, les albums français détonnent par leurs choix graphiques et leurs formats audacieux. Je ne vous dresserai pas ici un panorama complet de tout ce qu’il existe en matière de livre pour enfants en France – cela demanderait plus d’un post. Toutefois, à l’heure du grand départ, je m’interroge sur l’existence quelque part dans le monde d’une littérature aussi folle et inventive que la littérature jeunesse française contemporaine, une littérature qui valorise le travail d’artistes qui osent et s’engagent.

La littérature jeunesse en France a su surtout évoluer avec son temps. Ces dernières années ont vu naître des livres très en avance sur leur temps (je pense à Un livre d’Hervé Tullet qui propose des interactions très évoluées avant même l’apparition de la tablette tactile) et d’autres, au contraire, que l’on croirait datés du siècle précédent, jouant entre un look vintage et un rendu proche de la sérigraphie (en témoigne le magnifique travail de Blexbolex). De mon côté, j’ai assisté à certaines évolutions, j’ai vu des albums conquérir un public d’adultes (ceux de Benjamin Lacombe ou de Rébecca Dautremer) et j’ai même travaillé aux côtés de l’équipe Little Urban pour rajeunir l’image de références intemporelles comme le personnage emblématique du Marsupilami de Franquin (Les Petits Marsus de Benjamin Chaud).

Au-delà de l’évolution, il s’agit surtout d’innovations et d’expérimentations sur le terrain. La France est un laboratoire expérimental. Cela commence parfois dès les bancs de l’école au sein des beaux-arts ou dans des établissements dédiés à l’illustration comme Émile Cohl à Lyon ou les Arts-Déco de Strasbourg. Puis, cela continue et se développe sur le terrain : au cœur des maisons d’édition, en témoigne les multiples formats publiés : des plus petits aux très grands albums (dur dur le métier d’éditeur à s’assurer que la Carotte Bleue de Sébastien Telleschi soit bien présente sur chaque double page de ses albums géants), des pop-ups qui vous sautent au visage (comme ceux de Philippe UG) aux livres augmentés qui se prolongent sur écran, des histoires à déplier (allez voir le travail de Julie Stephen Chheng) aux pages découpées au laser d’Antoine Guilloppé. Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les mains. Et si je m’inquiète fréquemment de la surproduction littéraire qui menace de noyer les livres dans des masses opaques, je me dis aussi qu’on ne se lasse jamais de la beauté et que chaque artiste, qu’il soit scénariste, illustrateur ou auteur complet, a le droit de s’exprimer.

Le livre est définitivement un voyage. C’est un voyage pour les lecteurs qui sont transportés le temps d’une histoire. Mais c’est aussi un voyage lors de sa conception et de sa réalisation. Un voyage pour le ou les auteurs, les correcteurs, les graphistes, les fabricants, les imprimeurs, les distributeurs, les diffuseurs, les départements communication et les services de presse, les libraires et tous les médiateurs du livre. Quant au rôle de l’éditeur ? C’est de guider ce voyage pour qu’il se déroule dans les meilleures conditions.

Prêt à embarquer ? Prochaine escale le mois prochain : le Maroc !

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Le fabuleux voyage de Noémie

Le tour du monde du livre pour enfants. 8 mois pour partir à la découverte du métier d’éditeur à travers l’album jeunesse. Un appel à voyager à travers le livre, à partir à la rencontre d’autres cultures (littéraires) et à partager le quotidien des acteurs du monde des albums pour enfants.

L’aventure se poursuit sur la page facebook de 7 lieues et un livre et Instagram.